"J'avais toujours une angoisse qui m’envahissait quand je voyais que je n'avais plus un type de tampons, et qu'il fallait donc que j'en rachète."

le 29.02.2024

Bonjour, je m’appelle Marie, j’ai vécu une situation de précarité menstruelle lorsque j’étais étudiante. Mon budget était très serré jusqu’à ce que je trouve une alternance. J’utilisais des tampons de mauvaise qualité, 1er prix, et j’ai toujours eu des cycles assez abondants donc j’en consommais pas mal.

J’avais toujours une angoisse qui m’envahissait quand je voyais que je n’avais plus un type de tampons, et qu’il fallait donc que j’en rachète. Certains mois je devais choisir entre mettre 5€ dans une boîte de tampons et les mettre dans un paquet de pâtes pour manger, et je n’étais pas la seule dans ce cas-là… J’ai donc fait mes études en gérant ça au mieux. En restant chez moi les jours où le flux était trop important, assise sur les WC ou sur une serviette éponge.

À l’époque, j’avais une chance, celle de retourner régulièrement chez mes parents. Ma mère était encore réglée, donc… Je rechargeais les réserves chez eux. Mais bon après ça m’a valu des remarques donc j’ai arrêté. Le sujet des menstruations n’était pas un tabou dans ma famille mais le sujet de l’argent, par contre oui. Ma mère me faisait des réflexions du type “on te donne déjà une pension, ça devrait te suffire pour t’acheter des tampons”.

Je me suis donc retrouvée à piquer du papier toilette dans les WC de la fac pour en tapisser au fond de ma culotte… C’était vraiment compliqué.

Lorsque j’ai décroché une alternance, j’ai pu investir dans une coupe menstruelle. Ça a changé ma vie, même si je ne pense pas que plus jeune j’aurai été assez à l’aise avec mon corps pour en utiliser une. Bref, j’ai donc amené mes protections que je n’utiliserai pas dans les WC de ma fac. J’ai toujours un peu d’autres protections chez moi, pour dépanner mes copines. À chaque collecte alimentaire dans les supermarchés, je donne des protections périodiques et si possible “bio” pour s’assurer que la composition soit moins agressive.

Les propos exprimés sont ceux de leur auteur·rice. Alors Marie, tu as tout notre soutien

*le nom de l’autrice a été changé pour conserver son anonymat

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